C'est un « panorama complexe » que dressent des chercheurs italiens sur les niveaux de sept vaccinations infantiles, dans une étude publiée ce 18 septembre dans The Lancet Regional Health. Ils ont passé au crible les couvertures vaccinales contre diphtérie, tétanos et coqueluche, hépatite B, méningite B, poliomyélite, pneumocoque, rougeole, rubéole) dans les 27 pays de l'UE sur plus de 40 ans, entre 1980 et 2024, à partir de données de l'OMS et de l'Unicef. D'un côté, l'UE a atteint des taux de vaccination infantile « historiquement élevés » contre ces pathologies, avec une hausse substantielle sur une quarantaine d'années. Mais ces progrès sont hétérogènes : en 2024, le Luxembourg et le Portugal atteignaient au moins 95% de couverture pour les sept vaccinations, là où la Roumanie se situait sous 80%.
Dégradation récente des niveaux de vaccination
Surtout, « une détérioration récente, préoccupante et généralisée » s'est dessinée ces dernières années, depuis le tournant de l'ère Covid, montre l'étude. Seize pays de l'UE ont ainsi enregistré une baisse des taux de vaccination pour au moins quatre vaccins. C'est notamment le cas de la Bulgarie, Chypre, l'Irlande, les Pays-Bas, la Roumanie et la Suède, où les sept vaccinations étudiées ont toutes décliné ces dernières années.
Les données de l'Allemagne et de l'Espagne ont aussi montré un repli pour cinq des sept vaccinations infantiles, tandis qu'en France et en Italie, la couverture vaccinale a augmenté pour quatre vaccins (poliomyélite, pneumocoque, rougeole, rubéole) et diminué pour trois autres (diphtérie, tétanos et coqueluche, hépatite B, méningite B). Les pays les plus vertueux sont la Hongrie et le Luxembourg (augmentation pour six vaccins), suivis du Danemark et du Portugal.
Les baisses récentes les plus marquées ont été observées pour les vaccinations infantiles contre la méningite B et contre la poliomyélite - en recul dans 20 pays -, devant celles contre l'hépatite B - en repli dans 18 pays - et contre la diphtérie, tétanos, polio - en diminution dans 17 pays.
Les tendances apparaissent relativement moins défavorables contre la rougeole et la rubéole.
La plupart des reflux de vaccinations infantiles ont commencé entre 2019 et 2022, coïncidant avec l'époque du Covid, qui a pu désorganiser le système sanitaire et alimenté de la défiance et de la désinformation.
Les chercheurs insistent sur l'urgence de garantir une couverture vaccinale élevée et durable, « afin de prévenir la réapparition de maladies infectieuses ».Ces 50 dernières années, les vaccinations ont réduit le fardeau de maladies comme le tétanos, la coqueluche, la pneumonie, la rougeole, la grippe et la diphtérie, évitant plus de 154 millions de décès dans le monde, surtout chez les enfants, rappelle l'étude.
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