« NotRE ÉTUDE montre que le régime d’éviction peut avoir un effet considérable sur le TDAH chez un groupe d’enfants non sélectionnés, avec un effet équivalent dans le TDAH et dans le trouble oppositionnel avec provocation », écrivent Lidy Pelsser et coll.
Jusqu’ici, les traitements psychopharmacologiques et psychosociaux constituent la base du traitement pour le TDAH. Mais les effets secondaires des psychotropes et les limites d’accès aux prises en charge psychosociales font rechercher des alternatives. Un régime alimentaire pourrait en être une.
Les résultats de l’étude INCA font dire aux auteurs : « L’intervention diététique devrait être prise en considération chez tous les enfants qui présentent un TDAH, à partir du moment où les parents sont prêts à adhérer à un régime d’éviction à visée diagnostique, pendant une durée de cinq semaines. Et à partir du moment où cela peut être supervisé par un expert. »
Les enfants qui ont une réaction favorable à ce régime peuvent entrer dans une phase de réintroduction. Dont le but est de définir pour chacun à quel(s) aliment(s) il réagit. En identifiant bien les aliments concernés, cela permet en outre de réduire la difficulté du régime et le risque de carences.
Dans cette ligne de conduite, pour les enfants qui n’ont pas de modification de leur trouble après l’épreuve du régime, les traitements standards peuvent être repris.
Lidy Pelsser et coll. rapportent l’étude INCA (Impact of Nutrition on Children with ADHD), avec un groupe mis à un régime restrictif et un groupe témoin, étude dont la qualité méthodologique est saluée par un commentateur du « Lancet ».
Éviction et réintroduction.
Cette étude a inclus 100 enfants de 4 à 8 ans, chez qui un diagnostic de TDAH était porté. Elle a comporté deux phases, une d’éviction et l’autre de réintroduction.
Les témoins ont continué de manger normalement et les parents ont reçu des conseils pour cuisiner sainement.
Le groupe intervention a été mis pendant 5 semaines à un régime comportant des aliments oligo-antigéniques : riz, viande, légumes, poires, eau, avec quelques aliments considérés comme complémentaires (des pommes de terre, des fruits et du blé). Parmi les 41 enfants de ce groupe qui sont parvenus au terme de la phase 1, 17 (41,5 %) n’ont pas présenté de réponse comportementale à la manipulation diététique à la fin de la 2e semaine et leur régime a été restreint aux aliments de base. Ont été considérés comme répondeurs les enfants ayant une amélioration d’au moins 40 % sur l’échelle ARS (ADHD rating scale).
Troubles oppositionnels avec provocation.
À la fin de la phase 1, les symptômes de TDAH et de trouble oppositionnel avec provocation étaient améliorés significativement chez 64 % des enfants dans le groupe sous régime comparés à pas d’amélioration dans le groupe témoin.
Les enfants qui ont répondu sont entrés dans la phase 2, en double aveugle, phase de provocation par réintroduction des aliments un par un, par périodes de 2 semaines, en commençant par ceux de nature à induire un taux élevé d’IgG, puis ceux qui donnent des IgG plus bas. On a choisi les IgG, qui reflètent les intolérances alimentaires, plutôt que les IgE, qui sont impliquées dans les allergies alimentaires typiques. Une sélection des aliments selon le degré d’IgG qu’ils induisent a été réalisée sur les titrages individuels à 270 aliments différents.
Une rechute de TDAH est survenue chez 19 enfants parmi les 30 qui sont entrés dans cette phase de l’étude, à la première, la deuxième ou aux deux étapes de provocations.
Les taux d’IgG contre les aliments ne permettent pas de prédire quel aliment peut conduire à un effet négatif sur le comportement, car un nombre égal d’aliments induisant des IgG hauts ou bas ont provoqué une rechute.
The Lancet, vol. 377, 5 février 2011, p. 494-503 et commentaire p. 446-448.
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