Épistaxis récidivantes

Soulever la pointe du nez

Publié le 30/04/2010
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Masse lisse

En effet, avant d’incriminer une fragilité de la tache vasculaire, bien banale chez l’enfant, il faut vérifier l’absence d’autres étiologies, plus particulièrement un corps étranger ancien, ou une tumeur des fosses nasales. Certains de ces diagnostics sont tout à fait accessibles à un praticien équipé d’un otoscope, quelquefois même simplement en soulevant la pointe du nez !

La figure 1 montre une masse à surface lisse occupant la partie antérieure de la fosse nasale gauche. Le seul fait de la toucher, même en l’effleurant avec un porte-coton, va entraîner un saignement immédiat et ce geste est à éviter ! Une imagerie est nécessaire pour préciser l’extension en arrière et la zone d’implantation ; imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) ou scanner, selon les disponibilités locales. L’important est que l’examen soit fait avec et sans injection de produit de contraste.

Tumeur saignante de la cloison nasale

L’IRM de cette petite fille, avec injection de produit de contraste (figure 2) montre une masse implantée sur la partie antérieure de la cloison nasale, laissant complètement libre la partie postérieure de la fosse nasale, sans lyse osseuse, ni altération du cartilage. Cette masse est plus richement vascularisée que la muqueuse qui recouvre les cornets. Il s’agit d’une tumeur saignante de la cloison nasale. L’enfant est alors adressée à un ORL qui va en faire l’exérèse sous anesthésie générale, par voie endoscopique, donc sans aucune cicatrice cutanée. Si les conditions sociales (parents capables de comprendre des consignes en français, ayant un téléphone et une voiture) et géographiques (domicile proche de la structure hospitalière) le permettent, l’intervention peut même être faite en ambulatoire.

 Dr MARTINE FRANÇOIS Service ORL, hôpital Robert-Debré, PARIS.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8761