LE DIAGNOSTIC de la BPCO peut être établi, de manière précoce, par le médecin traitant grâce à une simple mesure du souffle au moyen d’un spiromètre ou d’un Peak Flow électronique, voire dans un deuxième temps, par une spirométrie complète. Lorsque la maladie est dépistée, un examen plus complet doit être mené au cabinet d’un pneumologue pour en déterminer le stade.
Malgré la simplicité du diagnostic, la BPCO reste insuffisamment détectée par le corps médical et peu connue du grand public. Lorsqu’elle arrive à un stade avancé, les personnes atteintes éprouvent souvent beaucoup de difficultés à se mouvoir et à effectuer les gestes les plus simples de la vie. Grimper quelques marches d’escalier ou faire sa toilette, par exemple, deviennent de vrais calvaires. Les malades ne se soignant pas convenablement ou n’étant pas bien pris en charge, voient ainsi leur état de santé s’aggraver. Alors même que cette maladie dispose, de traitements adaptés à ses différents stades d’évolution (bronchodilatateurs, corticoïdes inhalés, ventilation non invasive) permettant d’en ralentir la progression.
Prise en charge globale.
La réhabilitation respiratoire (exercices de réentraînement) est également un excellent remède pour améliorer la qualité de vie des patients. Cette dernière peut être menée après un bilan rigoureux assorti d’un protocole de mise en place, en centres spécialisés ou en établissement de santé. Elle peut se poursuivre, également, dans des structures ambulatoires créées avec le soutien d’un professionnel de santé. Mais, plus important encore, la réhabilitation respiratoire doit être menée dans le cadre d’une prise en charge globale chez un patient bénéficiant d’une véritable éducation thérapeutique.
La loi HPST, adoptée en juillet 2009, a d’ailleurs reconnu en son article 84 que l’éducation thérapeutique du patient (ETP) pourra, à l’avenir s’inscrire dans le parcours de soins des assurés sociaux. Une nouvelle disposition – sous l’autorité des Agences régionales de santé (ARS) – dont pourront bénéficier les malades atteints de BPCO. « Un travail important doit être effectué en matière d’ETP pour que les personnes malades puissent mieux connaître la BPCO et ses complications, se faire expliquer les divers traitements et matériels médicaux prescrits. Il importe, dans ce cadre, de pouvoir mettre en place des structures adaptées, des protocoles de prise en charge et des modes d’indemnisations nouveaux pour les professionnels qui s’engageront dans cette démarche », souligne Alain Murez, coordinateur BPCO au sein de la Fédération française des associations et malades insuffisants respiratoires (FFAAIR).
L’ETP est l’affaire de tous les acteurs de santé : généralistes, pneumologues, tabacologues, kinésithérapeutes, diététiciens, psychologues... Selon le Dr Yves Magar, pneumologue, directeur d’ÉduSanté, elle doit être envisagée « au sein d’une prise en charge large, associant de multiples mesures telles que le soutien psychosocial, l’activité physique et la réhabilitation respiratoire ».
L’ETP gagnerait à être développée davantage à l’hôpital, en centre de réhabilitation respiratoire, en ambulatoire et à domicile. C’est un soutien précieux pour le patient – qui doit rester le plus autonome possible – mais aussi, pour sa famille, devant l’accompagner au quotidien. « Il est important de sensibiliser les médecins en formation à l’ETP. Mais il faut aussi avoir été confronté aux difficultés cliniques pour être davantage concerné par l’ETP. C’est un mode d’accompagnement qui apporte un bénéfice individuel certain aux patients atteints de BPCO », résume le Dr Monique Chambouleyron, pneumologue, service d’éducation thérapeutique pour les maladies chroniques (Hôpitaux universitaires de Genève).
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