Luxation congénitale de hanche

Le dépistage doit être plus précoce/dès les premiers mois de vie

Publié le 17/12/2015
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La répétition du dépistage évite les découvertes tardives

La répétition du dépistage évite les découvertes tardives
Crédit photo : PHANIE

Toutes les occasions d’examen de la mobilité des hanches devraient être saisies dans les premiers mois de vie, que ce soit par le médecin de famille, la sage-femme lors de ses visites de suites de couches ou le centre de PMI à l’occasion des pesées. Et le résultat de cet examen clinique doit figurer dans le carnet de santé, la découverte d’une anomalie indiquant le recours à un échographiste « compétent » et à un pédiatre orthopédiste.

Ces recommandations de dépistage, rappelées par l’Académie, sont justifiées par la mise en évidence d’une augmentation du nombre des découvertes tardives de luxation, 10 pour 100 000 naissances après 3 mois, et même 4 pour 100 000 naissances à l’âge d’acquisition de la marche. Des découvertes tardives qui témoignent d’une désaffection vis-à-vis du dépistage, celui-ci ayant connu son heure de gloire il y a 20 ans.

Or l’enjeu est de taille : un diagnostic initial tardif est un facteur pronostique défavorable à long terme, la luxation évoluant vers une coxarthrose invalidante douloureuse qui oblige à des corrections chirurgicales.

Toutefois, l’examen systématique des hanches du nouveau-né par le pédiatre, obligatoire avant la sortie de maternité, ne dépiste pas tous les cas d’instabilité. Par ailleurs, l’échographie du premier mois (signes cliniques de luxation ou facteurs de risque) est opérateur-dépendant, à l’image de l’examen radiologique à 4 mois… Celui-ci étant en outre irradiant.

Examens cliniques répétés

Le meilleur moyen de faire le diagnostic précoce de luxation congénitale de hanche est par conséquent l’examen clinique, répété, des hanches dans les deux premiers mois. La constatation de la limitation de l’abduction de hanche est un signe clinique d’alerte très précieux. Un effort de développement permanent des connaissances (DPC) en la matière est souhaité, les généralistes devant assurer le suivi des nouveau-nés et des nourrissons. Le dépistage en maternité par les pédiatres doit certes être amélioré, et un médecin ou la sage-femme renouveler l’examen dans les 8 jours, pour laisser le moins d’enfants possible passer les mailles du filet de dépistage.

Cette mise en garde de l’Académie vient compléter les recommandations émises en 2013 par la Haute Autorité de santé (HAS)*, alertée par la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique et la Société française d’orthopédie pédiatrique : répétition de l’examen clinique (inspection, limitation de l’abduction et/ou instabilité) à chaque consultation, idéalement jusqu’à l’âge de la marche.

Dr B. B.

Source : Le Quotidien du Médecin: 9459