L’AUGMENTATION du risque de cardiopathies valvulaires chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante est bien documentée et, parmi ces cardiopathies, l’atteinte valvulaire aortique est la plus fréquente.
En revanche, les données concernant l’association de la spondylarthrite ankylosante et des cardiopathies non valvulaires ne sont pas concordantes, certaines études rapportant une augmentation du risque de cardiopathies non valvulaires dans les formes évoluant depuis longtemps, d’autres concluant que l’évaluation du risque cardio-vasculaire n’était pas indiquée en routine… « En outre, il n’existait pas de données issues d’études longitudinales comparant le risque de maladies cardio-vasculaires chez les sujets atteints de spondylarthrite ankylosante à celui de sujets non atteints », a expliqué S. Szabo.
Pour évaluer le risque ce cardiopathies valvulaires et non valvulaires chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante, une étude rétrospective a ainsi été entreprise à partir des données portant sur les adhérents inscrits au régime d’assurance médicaments administré par la régie de l’assurance-maladie du Québec.
La cohorte étudiée comportait des malades atteints de spondylarthrite diagnostiquée entre 1998 et 2006 (7 663 patients, en majorité des hommes [55 %], âgés en moyenne de 42,5 ans au moment du diagnostic) et des sujets indemnes de cette pathologie.
Les cardiopathies ont été classées en six catégories : cardiopathie valvulaire, valvulopathie aortique, maladie hypertensive, cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque et autres maladies cardio-vasculaires.
Les taux d’incidence par personne et par an ajustés sur l’âge et le sexe, les taux d’incidence standardisés ont été calculés chez les sujets atteints de spondylarthrite ankylosante et comparés à ceux de la population générale.
Globalement, dans cette cohorte, le taux d’incidence spécifique des cardiopathies (toutes causes confondues) augmente avec l’âge, passant de 30,9/1 000 par an, chez les sujets âgés de 20 à 39 ans, à 90,7/1 000 par an chez ceux de plus de 60 ans.
Toutefois, les patients atteints de spondylarthrite ankylosante ont un risque plus élevé de cardiopathie que dans la population générale, même les sujets les plus jeunes : Incidence Rate Ratio (IC 95 %) de 1,5 (1,4-1,5) dans la tranche d’âge de 20 à 39 ans contre 1,1 chez les sujets de plus de 60 ans.
Ce surrisque est significatif pour toutes les catégories de cardiopathies, comme le montrent les taux d’incidence spécifique des différents types de cardiopathies recensés chez les sujets atteints de spondylarthrite ankylosante et dans la population générale (ajustés sur l’âge et le sexe).
Chez ces sujets, le risque de cardiopathie (tout type confondu) est multiplié par 1,2, le risque de cardiopathie valvulaire par 1,6, celui de valvulopathie aortique par 1,5. Le risque d’hypertension artérielle est multiplié par 1,2, de cardiopathie ischémique par 1,3, d’insuffisance cardiaque par 1,3 et le risque des autres maladies cardio-vasculaires par 1,4.
L’étude suédoise.
A. Bramender et ses collaborateurs (Université de Lund, Suède) ont parallèlement interrogé, entre 2004 et 2007, un registre régional d’assurance-maladie pour comparer l’incidence de maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, coronaropathies, infarctus du myocarde) chez des patients atteints de spondylarthrite ankylosante (1 374 patients [60 % d’hommes] âgés de 20 ans et plus vivant dans la région de Skâne) à celle de la population générale (918 455 sujets de plus de 20 ans) appariés selon l’âge et le sexe, en calculant des SMR (standardized morbidity rate).
L’analyse des résultats met en évidence, chez les malades atteints de spondylarthrite ankylosante, un risque d’hypertension artérielle multiplié par 2,7 (2,8 pour les hommes et 2,5 pour les femmes), un risque de coronaropathie multiplié par 2,6 (2,7 pour les hommes et 2,5 pour les femmes) et un risque d’infarctus du myocarde multiplié par 1,5 (1,3 pour les hommes et 2,4 pour les femmes).
Ainsi, malgré une probable surestimation des risques due à la surmédicalisation des patients atteints de spondylarthrite ankylosante, il existe une nette augmentation de l’incidence de l’hypertension artérielle et des cardiopathies ischémiques chez ces patients.
D’après les communications de S. Szabo (Canada) et de A. Bremander (Suède). Session Epidemiology and outcomes.
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