Récurrent depuis plus de vingt ans, le débat sur l’intérêt des marqueurs biochimiques du remodelage osseux dans l’ostéoporose n’est pas clos.
Le choix de ces marqueurs lui-même est sujet à controverse. Si les marqueurs les plus préconisés par les sociétés savantes sont le CTX sérique (pour la résorption osseuse) et le P1LP (pour la formation osseuse), des spécialistes suggèrent d’en utiliser d’autres. Ainsi le Pr Roland Chapurlat (Lyon) cite-t-il la phosphatase alcaline, selon lui utile chez l’insuffisant rénal. « Les marqueurs urinaires sont (parfois) plus prédictifs que les marqueurs sériques qu’on utilise », ajoute le Pr Karine Briot (Paris) sur la base d’études.
Se pose aussi le problème des facteurs susceptibles de fausser les mesures de CTX et de P1LP. Problème facile à résoudre pour le Pr Chapurlat : « il y a un cycle nycthéméral avec un pic de résorption osseuse la nuit, accentué par les repas, qui fait varier les mesures de CTX sériques et qui doit conduire à réaliser le prélèvement le matin avant 9 h à jeun », indique-t-il. « Cependant, il existe également des facteurs de variabilité incontrôlables », nuance le Pr Briot, qui cite notamment les carences en vitamine D, certaines maladies ou médicaments, ou encore les fractures, qui d’après une analyse récente de la littérature fausseraient les résultats pendant au moins 6 à 12 mois.
Un intérêt clinique discuté Mais c’est surtout l’utilisation qui doit être faite de ces marqueurs dans le suivi des traitements de l’ostéoporose qui fait débat. « Les marqueurs sont attrayants car leurs variations sont précoces (quelques jours) et nettement plus rapides qu’avec la densité minérale osseuse (DMO) », permettant de suivre l’effet des médicaments en temps réel, explique le Pr Chapurlat. Cependant, d’après Karine Briot, « l’ensemble de la littérature » suggérerait que la variation des marqueurs n’est pas corrélée, à l’échelle individuelle, à l’efficacité thérapeutique. De même, l’utilité des biomarqueurs pour suivre des fenêtres thérapeutiques ou des arrêts de traitement n’est toujours pas certaine. « Une étude a montré qu’à partir de 5 ans après l’arrêt de l’alendronate, les marqueurs ne permettent pas de prédire les variations de la densité osseuse », rapporte Karine Briot. De même, pour certains traitements comme les bisphosphonates par voie intraveineuse, aucune donnée ne serait disponible concernant un éventuel seuil à partir duquel reprendre le traitement.
Ce qui semble un peu plus sûr, c’est l’intérêt des marqueurs dans le suivi de l’observance des traitements. Autre certitude : les données actuellement disponibles ne permettent de recommander le dosage des marqueurs ni pour prédire le risque de fracture, ni pour identifier les causes d’une ostéoporose éventuellement secondaire.
L’utilité des marqueurs du remodelage osseux toujours controversée
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