LE QUOTIDIEN – La qualification des spécialistes diplômés hors UE est-elle trop laxiste comme le dénonce le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens ?
DR JAMIL AMHIS – Le SYNGOF a une position extrémiste et surfe sur la politique actuelle de dénigrement généralisé de tout ce qui vient d’ailleurs. Il discrédite les commissions de qualification et les chefs de service qui emploient ces collègues. La situation n’est pas du tout le reflet de ce que nous avons mis en place depuis des années. Nous nous battons justement pour que les PADHUE soient reconnus pour leurs qualités propres. Quand une commission a un doute sur un CV qui lui paraît curieux, incomplet ou incohérent, elle peut convoquer le candidat et téléphoner aux différents services où il est passé pour s’entourer de toutes les précautions.
Aujourd’hui, les PADHUE s’intègrent-ils plus facilement que par le passé dans le système de santé ?
Oui car la France a mis en place une procédure qui balise le chemin. Un énorme chemin a été parcouru. Il y a 25 ans, cela a été un parcours du combattant pour les "faisant fonction d’interne" (FFI) qui n’avaient pas de reconnaissance, aucune possibilité d’examen ou de s’inscrire à l’Ordre. Nous étions, en tant que praticiens adjoints contractuels (PAC), sur une liste à part ! La situation n’est toujours pas idéale mais quand un PADHUE arrive en France et veut exercer la médecine sans passer par la P1, c’est possible.
Environ 10 % des praticiens que nous avons défendus exercent en libéral et les autres sont praticiens hospitaliers. On ne peut pas dire que ce n’est pas une réussite ! Il y aura toujours une frange de médecins extrémistes mais cela fait 30 ans que je vis en France et je n’ai jamais eu à souffrir de la part des patients d’un quelconque doute sur ma compétence à cause de mes origines.
Le report de la procédure d’autorisation d’exercice va-t-il régler tous les problèmes ?
La PAE s’éteint au 31 décembre 2016. Il y aura forcément plusieurs centaines de PADHUE arrivés juste avant la date de décembre 2010 et ayant exercé au moins 3 ans qui ne passeront pas d’examen, et qui seront dans une impasse. Un problème va se poser aussi pour tous les médecins qui ont eu 3 échecs à la PAE et qui vont être rejetés des commissions de qualification.
Que vont devenir ces médecins ?
Nous devons trouver une solution. On ne va pas les orienter vers une profession paramédicale, ce serait inacceptable. Mais un problème médico-légal va se poser. Va-t-on accepter qu’un médecin non-qualifié par le Conseil de l’Ordre puisse continuer à exercer ? Il faudra trouver des passerelles pour pouvoir laisser ces médecins finir leur carrière, d’autant qu’ils sont pour la plupart devenus Français et qu’ils se sont mariés... Il faut faire vite car, au 31 décembre 2016, nous allons nous retrouver devant un mur.
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