Paris, 13e arrondissement. Dans l’aile gauche de l’ancienne clinique Péan, des petits enfants, la plupart vêtus uniquement d’une couche, prennent leur déjeuner au frais. « Nous privilégions des activités plus calmes, à l’intérieur, par petits groupes de 4, 5 enfants maximum. Ils ont des gants humides qu’ils peuvent se passer sur le corps et des brumisateurs. On demande aux parents de les habiller très légèrement. C’est chapeau pour tout le monde », explique la directrice de la crèche « Maison des Bout-chou », Soledad Figerola.
Dans l’aile droite qui donne sur le jardin généreusement arrosé, des pensionnaires plus âgés sont attablés. Dès le 1er juin, comme toute la France chaque année, l’EHPAD Péan était sous le coup du premier niveau d’alerte (vigilance) du plan canicule.
Stocks d’eau et brumisateurs dans les EHPAD
« Nous avons vérifié notre système de climatisation, nos stocks d’eau, de lingettes, et de brumisateurs, et avons élaboré des plannings pour renforcer le personnel », explique Romy Lasserre Saint-Maurice, directrice de l’EHPAD. Dès le début de la semaine, elle a décidé de suivre les procédures de niveau 3. « Nous veillons à ce que chacun des 94 résidents reste dans une pièce rafraîchie, nous avons adapté nos menus (fruits, glaces, smoothies, pas de plats en sauce) ; un à deux postes supplémentaires sont mobilisés pour encadrer les résidents et leur proposer des lingettes ou des bains de pieds. Le personnel a des tenues plus légères et des pauses plus fréquentes », poursuit la directrice. « Le médecin coordonnateur a adapté, avec les médecins traitants, les traitements ; nous avons des stocks d’hydratation en perfusion sous-cutanée », ajoute-t-elle. Aucune sortie n’est prévue, pour éviter la chaleur et la pollution.
Pas de « tensions hospitalières »
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, en visite ce 1er juillet dans cette structure intergénérationnelle, a rappelé les consignes de prévention pour faire face à la « chaleur, qui peut constituer un risque particulier pour les plus fragiles ».
Quarante départements sont placés en vigilance orange pour la canicule par Météo France et en niveau 3 alerte canicule par décision préfectorale. « Nous sommes en alerte permanente. Nous sommes en contact avec les établissements de santé et les médecins libéraux. Aucune tension hospitalière n’a été constatée et les libéraux sont pleinement mobilisés pour aller au-devant des besoins de leur patientèle », a indiqué la ministre de la santé. Marisol Touraine a appelé à la vigilance sur le long terme. Au ministère de la Santé, le Centre opérationnel de réception et de régulation des urgences sanitaires et sociales (CORRUSS) est en liaison avec les agences régionales de santé et autres agences sanitaires pour veiller à la préparation du système de santé et médico-social.
« Nous avons un plan qui est extrêmement adapté, département par département, en fonction des situations qui sont constatées, et nous prenons les mesures nécessaires au moment où elles sont nécessaires. Et donc le dispositif évoluera si la situation le rend nécessaire », précisait-elle peu avant, au sortir du conseil des ministres. Une plateforme téléphonique d’information « canicule » est accessible tous les jours de 9 h à 19 h au 0800 06 66 66.
Adapter les traitements, rappelle l’ANSM
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle les précautions à prendre pour adapter les traitements au cas par cas. Sous le coup de la canicule, certains médicaments peuvent aggraver un syndrome d’épuisement-déshydration, induire une hyperthermie ou aggraver les effets de chaleur ; d’autres peuvent se révéler moins efficaces car se conservant moins bien.
« En aucun cas il n’est justifié d’envisager systématiquement une diminution ou un arrêt des médicaments », met en garde l’ANSM, qui recommande aux professionnels de santé de procéder à une évaluation complète de l’état d’hydratation avant toute prise de décision thérapeutique, de dresser la liste des médicaments pris par un patient, et de réévaluer l’intérêt de chacun. L’agence préconise notamment d’éviter la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et de paracétamol en cas de déshydratation.
L’ANSM donne également des recommandations sur la conservation des médicaments (en particulier des lecteurs de glycémie), l’utilisation des produits solaires, les barbecues et les animaux domestiques.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention