L’ATTITUDE À ADOPTER face à une alerte impliquant des infections à risque épidémique et biologique (IREB) constitue aujourd’hui un sujet de préoccupation majeure dans de nombreux pays qui, ces dernières années, ont mis en place des plans pandémiques ou des mesures destinées à faire face à une éventuelle attaque bioterroriste. « Les IREB ont en commun deux caractéristiques essentielles qui guident la réponse à leur opposer, d’une part, la contagiosité, source de diffusion de la maladie (naturelle dans un cas, provoquée et mal intentionnée dans l’autre) et, d’autre part, la gravité, source de décès et de séquelles chez les personnes atteintes. » L’épidémie de grippe H1N1 en 2009, a montré, en dépit de sa faible gravité, que le fait de disposer d’un plan, a priori très performant sur le papier, n’empêchait pas certains dysfonctionnements dans la gestion de la crise. « Ce qui est essentiel, dans ces circonstances, c’est la capacité de réaction des structures opérationnelles situées sur le terrain », explique le Pr Catherine Leport, responsable, avec le Pr François Bricaire (groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière) et le Pr Daniel Vittecoq (hôpital Paul-Brousse) de l’animation de la coordination des urgences infectieuses et du risque épidémique et biologique (COREB).
Ce réseau régional, fonctionnant en Île-de-France, est né des leçons des précédentes expériences en matière d’alerte épidémique, notamment le charbon (2001) et le SRAS (2003). « À la suite de ces alertes, il a été décidé par les autorités sanitaires de désigner, dans chacune des zones de défense existant sur le territoire, un hôpital de référence pour assurer la prise en charge des patients », indique le Pr Leport, en ajoutant que, très vite, un certain nombre d’interrogations sont remontées du terrain, en particulier des Samu, chargés d’orienter les patients dès le départ en cas d’alerte impliquant des IREB. « Des responsables du Samu ont fait part de leur embarras face à cette mission particulièrement importante et ont sollicité une expertise infectiologique pour gérer ces alertes. À la Pitié-Salpêtrière et à Bichat, nous avons ressenti le besoin d’harmoniser les circuits de prise en charge, quelle que soit la structure de recours du patient (urgences ou Smur). Nous sommes partis du principe que l’accueil d’un patient suspect d’IREB peut se faire dans n’importe quel endroit du territoire. Il est donc indispensable de disposer d’un système de santé qui soit en état de veille et d’entraînement permanents pour permettre, le plus en amont possible, d’assurer une orientation optimale de ces patients », indique le Pr Leport.
Un réseau initié par les infectiologues et les représentants du Samu.
Cette réflexion a débouché en 2009 sur la mise en place, par l’AP-HP, de l’unité COREB, structure chargée d’animer au niveau de l’Ile-de-France cette prise en charge harmonisée des IREB. « Aujourd’hui, ce réseau amorcé par les infectiologues et représentants du Samu, poursuit le développement de collaborations avec des représentants d’autres spécialités concernées, urgentistes, spécialistes de santé publique et d’hygiène, microbiologistes et réanimateurs. À partir de son ancrage dans l’AP-HP, notre volonté est d’y impliquer les hôpitaux généraux d’Ile-de-France pour qu’ils disposent tous en leur sein d’un référent COREB », explique le Pr Leport.
Mais à terme, la volonté est surtout de développer cette expérience initiée au niveau de l’Île-de-France à un niveau interrégional et national. « En cas d’événement épidémique de grande ampleur, il est évident qu’il faudra une réponse reposant sur un maillage complet sur l’ensemble du territoire », précise le Pr Leport, en soulignant l’intérêt de la SPILF pour s’engager dans ce projet. « Lors d’un prochain conseil d’administration de la SPILF, nous allons aborder ce sujet et voir comment chaque région pourrait se doter d’un COREB pour ensuite passer à la mise en place d’un COREB au niveau national », indique le Pr Leport, en reconnaissant que les infectiologues ont la volonté de ne pas laisser « certaines pesanteurs administratives interrompre la dynamique qui est ainsi engagée ».
D’après un entretien avec le Pr Catherine Leport, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, responsable de l’animation de l’activité de coordination des urgences infectieuses et du risque épidémique et biologique (COREB).
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