EN VINGT ANS, la Cité des enfants a accueilli près de 12 millions de visiteurs. Un chiffre conséquent, qui témoigne de l’attractivité du lieu, qui ne cesse d’ailleurs de se renouveler. Réalisé en 1992 dans la continuité de l’Inventorium - l’espace de la Cité des sciences et de l’industrie dédié aux enfants dès son ouverture en 1986 - ce musée pas comme les autres a également évolué en fonction des attentes de ses visiteurs puisqu’il a été entièrement rénové entre 2005 et 2009, sa superficie étant passé de 2600 à 5000 m2. « En tant que précurseur de la muséologie pour enfants, nous avons souhaité rénover et adapter nos espaces, avec de nouvelles activités et davantage de place, tout en accordant une grande importance à l’accessibilité pour tous », explique Claudie Haigneré, présidente de la Cité des sciences et de l’industrie. Couloirs spacieux, instructions en braille et nombreuses maquettes tactiles, autant de points indispensables pour que le maximum d’enfants puissent profiter d’une séance à la Cité des enfants. Car il y en a des choses à voir…
Pédiatres et psychomotriciens.
Le plaisir de l’expérience. « La science fait grandir, elle développe l’intelligence, la connaissance de soi… Notre mission consiste donc à aider les enfants à tester les choses par une démarche expérimentale, à appréhender et découvrir le monde avec ses mystères et ses questionnements », ajoute Claudie Haigneré. Toutes les propositions muséologiques ont été pensées par un comité scientifique réunissant pédiatres, pédopsychiatres et psychomotriciens, afin de proposer des activités ludiques et riches d’enseignements. En outre, après lecture des travaux les plus récents sur le sujet, il a été décidé de limiter le nombre d’écrans dans la section pour les plus jeunes, afin de prioriser l’activité, la motricité et l’interaction avec les autres enfants. Ainsi, la Cité des enfants de 2 à 7 ans se divise en cinq espaces thématiques, chacun disposant de son univers de jeux et de couleurs : « je me découvre », pour partir à la découverte de son identité ; « je sais faire », pour le plaisir de manipuler des objets ; « je me repère », pour apprendre à prendre conscience de l’espace, en empruntant un labyrinthe ou un parcours acrobatique ; « tous ensemble », où sur un chantier ou en orchestrant un spectacle de cirque, l’enfant teste la coopération avec ses pairs ; « j’expérimente », enfin, où il peut amorcer une toute première démarche scientifique en aiguisant sa curiosité au contact de l’air, de l’eau et de la lumière … Et ce sous le regard des parents, invités bien sûr à pratiquer ces activités avec les plus jeunes. Du côté des 7 - 12 ans, tout a été pensé pour que l’enfant puisse mettre en œuvre son autonomie nouvellement acquise. La section est partagée en six espaces bien distincts, aux décors chatoyants : l’usine, le corps, le jardin, le studio de télévision, les jeux d’eau et le dernier thème, communiquer. Dans l’espace dédié au corps, l’enfant peut se chronométrer, faire du vélo en face d’un squelette afin de comprendre le fonctionnement de son anatomie, s’observer dans des miroirs déformants ou encore tester son équilibre. Le jardin permet d’entrer dans une fourmilière géante, d’admirer des papillons dans une serre tropicale ou de s’initier à l’astronomie.
Prévenir les conduites à risques.
Pour le professeur Marcel Rufo, directeur médical de l’Espace méditerranéen de l’adolescence (Ema) à l’hôpital Salvator, à Marseille, le jeu est extrêmement important pour l’épanouissement de l’enfant. « Prescrire du jeu, c’est prescrire du développement, explique-t-il ainsi. Et cela permet également de prévenir de futures pratiques à risques. En effet, transgresser dès l’enfance, avoir expérimenté certains interdits, comme renverser de l’eau, faire tomber, permet de lutter contre des transgressions plus dangereuses à l’adolescence », souligne-t-il. Le jeu serait donc indispensable pour permettre à l’enfant de grandir, de se connaître et de mieux appréhender le monde qui l’entoure. Vingt ans après sa création, la Cité des enfants continue donc d’offrir aux plus jeunes une première initiation aux sciences et aux techniques, et elle fait même des émules. En effet, le savoir-faire mis en œuvre dans sa conception a séduit de nombreux musées, en France comme à l’étranger puisque des Cités des enfants ont été créées notamment au Liban, en Italie, à Singapour ou encore à Dubaï. Un succès incontestable donc, « même si l’émerveillement des enfants lorsqu’ils font des découvertes nous donne toujours envie de faire mieux ! », conclut Claudie Haigneré.
Site Internet : cite-sciences.fr
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