Le changement climatique représente une telle menace pour les 9 milliards d’êtres humains, qu’il pourrait anéantir 50 ans de progrès en matière de développement et de santé publique, avertit une commission d’experts européens et chinois mise en place par la revue « The Lancet ». En 2009, déjà, une structure semblable, déclarait que « le changement climatique est la plus importante menace du XXIe siècle ». Le rapport 2015 parle, lui, d’un « enjeu sanitaire, le plus important du XXI siècle. »
Une urgence médicale
C’est « une urgence médicale », renchérit le Pr Hugh Montgomery, directeur de l’Institut pour la santé humaine de l’University College London (UCL) et coprésident de la commission. « Il appelle une réponse d’urgence, avec les technologies actuellement disponibles », poursuit-il.
Un monde plus respectueux de l’environnement n’est pas tant un enjeu économique qu’une question de volonté politique, estiment les auteurs.
Parmi les effets déjà notables mais sous-estimés du changement climatique, le rapport cite l’accroissement du stress thermique, les tempêtes, les inondations, les sécheresses, les orages à répétition ; les populations sont confrontées à des pics de pollution, au développement des maladies véhiculées par les moustiques et des troubles mentaux, à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, à des migrations.
L’action politique doit passer à la vitesse supérieure
Selon les experts, des actions sont à entreprendre immédiatement. Le rapport recommande notamment de limiter à 2 °C l’augmentation de la température, en maintenant les émissions de dioxyde de carbone provoquées par l’homme sous les 2 900 milliards de tonnes d’ici la fin du siècle.
D’ici les 5 prochaines années, la commission invite les gouvernements à investir dans la recherche sur le changement climatique et la santé publique, et à financer des actions de lutte, notamment dans les pays en voie de développement.
Les autorités doivent fixer des objectifs en matière de réduction de la pollution provoquée par les transports, l’agriculture, le secteur des énergies et les particules fines. Les villes doivent accueillir des immeubles à énergie positive, des transports actifs et davantage d’espaces verts. Afin de « décarboniser » l’économie, le rapport incite les gouvernements à mettre en place une politique tarifaire internationale, et d’étendre rapidement l’accès aux énergies renouvelables dans les pays à faibles revenus.
Les médecins ont un rôle à jouer
Les experts invitent les médecins à jouer un rôle de leader, semblable à celui qu’ils ont tenu dans la lutte active contre le VIH, le tabac, ou la polio. Dessiner des perspectives en terme de santé publique serait de nature à unir l’ensemble des acteurs autour d’une cause commune, moins abstraite que le « changement climatique ». Les ministères de la Santé et les autres ministères doivent travailler main dans les mains ; les enjeux environnementaux doivent figurer dans toutes les politiques publiques. Enfin, la commission du « Lancet » propose de créer un nouvel organisme indépendant sur le changement climatique et la santé, qui produirait tous les deux ans des rapports sur ce sujet.
L’Association mondiale des médecins (WMA) a salué le rapport. « Nous, médecins, avons l’opportunité d’aider les autorités et pouvoirs publics à mieux comprendre les implications sanitaires du changement climatique. Nous pouvons expliquer comment les risques émergents qui lui sont associés interviennent sur la santé des individus et communautés, et contribuer à apporter des réponses pertinentes », a déclaré le président Xavier Deau.
Le Dr Maria Neira, directrice du département Santé publique et environnement de l’OMS a indiqué que l’OMS lancera dans la perspective de la Conférence de décembre à Paris, un réseau d’associations de médecins pour mener la campagne « ma santé, mon climat ».
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