LA RÉDUCTION du temps de travail est déjà « déverrouillée » en effet, par diverses mesures qui en diminuent les contraintes. Faut-il revenir à la semaine de 39 ou même de 40 heures ? M. Valls ne le dit pas. Mais la vérité est que même la droite, même le patronat n’y tiennent pas car une telle démarche entraînerait des complications administratives et financières infinies. De plus, la semaine de 35 heures ne représentait une calamité que pour les entreprises qui ne pouvaient pas se l’offrir. C’est son caractère obligatoire pour toutes les sociétés, y compris les plus fragiles, qui pose problème et continue à nous coûter plus de 20 milliards par an.
Ne sont-ce pas des primaires ?
Dans la foulée des déclarations de M. Valls, il a été dit que la droite ferait de l’abrogation des 35 heures un thème de campagne électorale en 2011-2012. Rien n’est moins sûr. À tort ou à raison, les Français y sont attachés et le pouvoir hésite à prendre le risque de s’aliéner des électeurs. Dans ces conditions, pourquoi le PS, par la voix de Benoît Hamon, s’est-il cru obligé de remettre en place le « provocateur » socialiste en lui demandant de « rentrer dans le droit chemin », comme un instituteur le ferait avec un enfant ? Henri Emmanuelli estime que M. Valls ne songe qu’à faire parler de lui. Il nous semblait pourtant que des élections primaires sont prévues au parti socialiste et que si les candidats moins avantagés que Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry souhaitent trouver une surface électorale, ils n’y parviendront qu’en exposant leurs idées. Connaissant M. Valls, qui peut s’étonner de sa déclaration (faite la semaine dernière et confirmée lundi dernier) ? Ni M. Hamon ni M. Emmanuelli n’ont eu la sagesse de rester aussi silencieux que Martine Aubry qui doit au moins feindre de respecter le principe des primaires.
Le plus grave, c’est que les condamnations prononcées hâtivement contre le député-maire d’Evry continuent à légitimer les 35 heures qui correspondant pourtant à une erreur stratégique majeure, commise au nom de l’inépuisable générosité socialiste. Les caciques du parti en sont encore à comparer les 35 heures aux 40 heures et aux congés payés de Léon Blum, alors que, face à la mondialisation, elles ont diminué la compétitivité des entreprises françaises. Comme Martine Aubry refuse de critiquer son œuvre historique ou d’y trouver même de mineurs inconvénients, l’idéologie a pris le pas sur le pragmatisme. En réalité, pendant que l’on se réjouit en France du niveau de la productivité nationale (c’est fou ce qu’on fait en 35 heures), on ne voit pas que la même productivité, associée à un nombre d’heures plus élevé nous permettrait de produire à meilleur prix et à récupérer, en conséquence, des parts de marché.
MANUEL VALLS N’EST QUE CONFORME À LUI-MÊME MAIS IL A UTILISÉ UNE ARME LOURDE
C’est toute la conception du travail qui a été remise en cause par la mondialisation. Il faut non seulement travailler plus dans la semaine, le mois et l’année, il faut travailler quelques années de plus. La réforme des retraites ne serait complète que s’il était possible de revenir aux 39 heures.
M. Valls a donc utilisé une arme lourde, celle qui bombarde la structure même de la société française. Ce qu’il dit sans le dire, c’est que Mme Aubry n’est pas la meilleure candidate possible du PS, d’autant qu’elle a laissé Benoît Hamon et l’aile gauche du parti occuper l’espace programmatique. Et que Dominique Strauss-Kahn, l’inventeur des 35 heures, est placé aujourd’hui dans une forte contradiction : comment le ministre de l’Économie d’autrefois, qui a conçu la RTT, concilie-t-il cette réforme avec les contraintes qu’il a, au nom du Fonds monétaire international, imposées à la Grèce ? Comment a-t-il pu rejeter le dogme de la retraite à 60 ans sans renoncer aux 35 heures ? Et comment s’en expliquerait-il, d’abord face à M. Valls, dans le cadre des primaires, puis face à Nicolas Sarkozy, si d’aventure, porté par une enivrante popularité, il se déclarait candidat ? Contrairement à ce que croient ses rivaux, Manuel Valls n’affaiblit pas le parti socialiste. Il se contente de montrer que le PS contient des hommes et des femmes pragmatiques, finalement plus crédibles que ceux qui occupent le haut du pavé. La faiblesse du PS, c’est son archaïsme, la référence à Mitterrand et à un passé révolu, le mythe des largesses sociales jamais soutenues par l’expansion économique. On ne crée pas des emplois en fabriquant des produits invendables. On y parvient en limitant les coûts de production.
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