Largement élu au premier tour à la majorité absolue des suffrages exprimés (17 voix sur 23 votants contre une voix à Michel Le Guern, 2 bulletins blancs et 2 bulletins marqués d’une croix), le Pr Jules Hoffmann rejoint sous la coupole François Jacob, 91 ans, prix Nobel de médecine en 1965 et membre de l’Académie française depuis 1996. « C’est le début d’une nouvelle aventure intellectuelle et cela est réconfortant de voir que la science est ainsi reconnue comme faisant partie intégrante de la culture », a-t-il déclaré. Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’institution depuis 1999, « m’avait elle-même incité il y a quelques mois à poser ma candidature car l’Académie française souhaite avoir des scientifiques dans ses rangs », a-t-il confié.
Né au Luxembourg, dans la petite ville d’Echternach, le 2 août 1941 et entré au CNRS en 1964, Jules Hoffmann a obtenu la nationalité française en 1970. Il crée le laboratoire Réponse immunitaire et développement chez les insectes à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS (Strasbourg), dont il a été directeur de 1994 à 2006. C’est à partir de la fin des années 1980, qu’il se lance dans l’étude de l’immunité des drosophiles. En montrant la grande conservation des mécanismes de défense innée entre l’insecte et l’homme, les travaux qu’il a initiés avec ses équipes ont conduit à « réévaluer le rôle de l’immunité innée chez les mammifères, participant largement au regain d’intérêt pour ce domaine négligé de l’immunologie ».
Une longue tradition.
Le prix Nobel de médecine et de physiologie qu’il obtient le 3 octobre 2001 avec l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman, décédé quelques jours plus tôt, récompensent ses travaux sur le système immunitaire inné. Les lauréats « ont révolutionné notre compréhension du système immunitaire en découvrant les principes clé de son activation », indiquera le comité Nobel. Peu après, il obtiendra la médaille d’or du CNRS.
Le Pr Hoffmann est membre de l’Académie des sciences depuis 1992 et des Académies des sciences d’Allemagne, de Russie et des États-Unis. « Cette élection renforce aussi les liens entre les deux Académies », se réjouit-il. Son entrée à l’Académie française l’inscrit dans une longue tradition de membres illustres de l’Académie des sciences accueillis sous la coupole tels Buffon, d’Alembert, Georges Cuvier, Claude Bernard, Pasteur, Maurice de Broglie et son frère Louis, Nobel de physique en 1929, Louis Leprince-Ringuet, Jean Bernard, Jean Hamburger ou François Jacob.
Plusieurs autres candidats concourraient à la succession de Jacqueline Romilly, Michel Le Guern mais aussi Michel Carassou, Mathieu François du Bertrand ou encore Yves-Denis Delaporte, Alexis Antois et Olivier Mathieu. Depuis octobre 2010, la limite d’âge des candidats a été fixée à 75 ans afin de rajeunir cette noble Assemblée.
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