C'est dans un amphithéâtre bondé que le Pr Pierre-Louis Druais, président du Collège de la médecine générale (CMG), a annoncé non sans fierté l'ouverture, ce jeudi, de la 12e édition du congrès de médecine générale France (CMGF), qui réunit jusqu'à samedi plus de 4 000 congressistes à Paris, pour l'essentiel des jeunes médecins en devenir.
Cette année encore, les sessions du congrès vont suivre les évolutions sociétales et les grands changements qui s'opèrent dans le métier de médecin généraliste et dans le système de santé. Pluriprofessionnalité, démocratie sanitaire, violences sexistes, pertinence des soins, parcours de soins, sécurité, prévention… Il n'y a pas de sujet tabou. « Il s'agit de mots et de concepts mais surtout d(actions à mettre en cohérence », a lancé le Pr Druais devant des congressistes attentifs.
« Le succès du congrès est de pouvoir critiquer et de déranger des groupes de pression. En aucune manière, nous acceptons qu'on nous interdise la liberté d'expression. Il n’y a pas de vérité affirmée, il n’y a que des questions, des éléments par preuve, des doutes souvent. La médecine gène et râle. Critiquer pour pouvoir après négocier l'évolution du métier, c'est notre rôle », a-t-il ajouté.
Se détacher de l'approche individualisée
Au cœur des débats pour cette année, le rôle du médecin généraliste dans la prévention, la surveillance des épidémies et la capacité de se mobiliser à travers la réserve sanitaire. Invité à la séance d'ouverture, le Pr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, s'est félicité du partenariat étroit qui s'est construit ces derniers mois avec le Collège de médecine générale.
Ce lien s'est traduit par l'intégration du Collège au conseil d'administration de Santé publique France et surtout par la signature d'une convention de partenariat « pour faire en sorte que la médecine générale porte au-delà de son approche individualisée [c’est-à-dire qu'elle se tourne vers] une approche populationnelle », indique le Pr Bourdillon.
Saluant l'implication des médecins généralistes, acteur clé, dans la surveillance des épidémies mais aussi dans la prévention (tabagisme, vaccination), le patron de Santé publique France s'engage en tout cas à mieux informer en amont les médecins. Une cartographie en temps réel sur les épidémies, une sorte de « météo des maladies », sera proposée aux médecins « dans les mois à venir ».
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