Avec environ 130 000 nouveaux cas par an, les carcinomes cutanés sont les cancers de la peau les plus fréquents. Leur prise en charge a considérablement évolué en dix ans grâce aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie.
« Le carcinome épidermoïde cutané (CEC) est le parent pauvre en dermatologie alors qu’il est fréquent et que sa morbimortalité est lourde », déplore la Pr Gaëlle Quereux (Nantes). La forme commune, la plus courante, est relativement facile à traiter, à condition de tenir compte du niveau de risque évolutif en fonction de la taille, de l’histologie, de la localisation. Les formes à bas risque relèvent idéalement de l’exérèse chirurgicale.
Le traitement des formes avancées, avec envahissement local ou métastases locorégionales, a longtemps été limité aux anti-VEGF et à la chimiothérapie (par 5-fluorouracile (5-FU) ou sel de platine) avec des résultats modestes et une toxicité importante problématique chez ces patients âgés.
Anti-PD-1
La donne a changé récemment avec l’arrivée des anti-PD-1, comme le cémiplimab. Selon les données disponibles, 50 % des patients sont répondeurs, avec une efficacité observée quel que soit l’âge du patient et une relativement bonne tolérance. Compte tenu de ces bons résultats, les recommandations européennes placent le cémiplimab en première ligne pour le traitement des CEC localement avancés ou métastatiques.
Cependant, « pour l’instant, en France, ces médicaments ne sont pas remboursés car ils n’ont pas bénéficié d’essais comparant l’immunothérapie à la chimiothérapie », regrette le Pr Gaëlle Quereux.
« En ce qui concerne les carcinomes basocellulaires cutanés (CBC), ce sont les 5 % de formes à haut risque, localement avancées, situées dans une zone critique ou mal limitées et récidivantes qui posent problème », explique le Dr Nicole Basset-Séguin (Paris). Les CBC superficiels sont traités par exérèse, par photothérapie dynamique, imiquimod ou 5-FU par voie locale. Pour les formes avancées, le traitement est désormais basé sur une thérapie ciblée tel le vismodégib. Cet inhibiteur de la voie Hedgehog (HPI), impliquée dans la réparation tissulaire, permet le contrôle tumoral dans 80 % des cas, mais la tolérance à long terme est médiocre et 60 % des cas récidivent dans les trois ans après l’arrêt. Parmi les immunothérapies, le cémiplimab a montré de bons résultats dans les CBC métastatiques ou localement avancés, et des essais sont en cours sur l’association d’un HPI avec l’immunothérapie ou la radiothérapie, ou de deux HPI.
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