Allaitement maternel

Un besoin d'information

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Publié le 05/04/2018
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Tout le monde sait aujourd’hui que l’allaitement est ce qu’il y a de mieux pour les bébés comme pour les mamans. Le lait maternel est l’aliment idéal et il joue un rôle très important dans le développement et la santé de l’enfant.

Malgré une progression importante de l’allaitement ces vingt dernières années, la France reste en queue de peloton en Europe. Selon les dernières données de l’étude ELFE, 70 % des Françaises environ allaitent à la naissance de l’enfant (59 % de manière exclusive) mais ce taux chute rapidement. Elles ne sont plus que 38 % à 4 mois 19 % à 6 mois et 5,3 % à un an. La durée d’allaitement est en moyenne de 17 semaines (7 semaines en exclusif). Il apparaît ainsi que les pratiques sont encore loin des recommandations qui préconisent un allaitement exclusif, si possible jusqu’à l’âge de 6 mois. « Il ne faut pas culpabiliser les mamans, l’allaitement est un choix personnel. Notre rôle en tant que soignant est de les accompagner dans leur choix tel qu’il soit », précise d’emblée Brigitte Kern (sage-femme titulaire d’un DU d’allaitement, Strasbourg).

Allaiter, cela s’apprend

Contrairement à une idée reçue, la première cause d’arrêt n’est pas la reprise du travail, même si la durée du congé maternité ne permet pas d’allaiter pendant la durée optimale recommandée, mais un manque d’information. Il est essentiel que la future mère soit informée et bien préparée pendant la grossesse sur la physiologie, la montée de lait… Il faut soutenir les femmes qui n’ont pas d’expérience personnelle ou familiale d’allaitement. Beaucoup d’inquiétudes sont liées au manque d’information et à des idées fausses qui circulent sur l’allaitement au sein (peur de ne pas avoir assez de lait, peur d’avoir les seins abîmés…). « Pour aider les futures mères à faire leur choix, on leur conseille d’assister à la clinique, en complément d’une séance de préparation à la naissance, au 3e trimestre de la grossesse, à un atelier prénatal où sont délivrés des conseils pratiques sur l’allaitement », explique Brigitte Kern. Il existe des consultations spécialisées en allaitement dans toutes les maternités. De nombreux autres facteurs semblent jouer un rôle important dans la décision de la future mère d’allaiter ou pas : la catégorie socioprofessionnelle, l’implication paternelle, la pudeur, les séances de préparation à la naissance… « C’est aussi une question de formation des soignants (sages-femmes, puéricultrices, pédiatres, gynécologues…) sur l’allaitement, même si tous sont pro-allaitement, les conseils peuvent parfois être différents… ». Généralement, il est proposé de mettre le bébé au sein le plus tôt possible (idéalement en salle de naissance). « La sortie de la maternité se fait en général le 3e jour, jour de la montée de lait… Je pense que ce séjour à la maternité est trop court et que c’est un handicap pour l’allaitement, même si les femmes peuvent bénéficier d’un suivi à domicile assuré par une sage-femme libérale (PRADO maternité) et qu’elles peuvent aussi revenir en consultations externes d’allaitement en cas de problèmes. Elles ont besoin d’accompagnement et de réassurance », déclare Brigitte Kern. Il est conseillé de se caler sur les rythmes du bébé et de pratiquer l’allaitement à la demande. « Je remarque que le tire-lait est souvent utilisé trop tôt. Au début, il ne faut s’en servir qu’occasionnellement en cas d’absence ou de déplacement… ».

Idéalement pour faciliter l’allaitement maternel, il ne faudrait pas donner de compléments de lait artificiel, ni utiliser un tire-lait au moins les trois premières semaines.

Christine Fallet

Source : Le Quotidien du médecin: 9654