Parallèlement aux différentes techniques dermatologiques visant à réduire les effets de l’âge sur la peau, plusieurs recherches portent sur des médicaments anti-âge administrables per os. Le vieillissement cutané est au carrefour de facteurs génétiques, hormonaux, environnementaux interférant avec l’inflammation, l’oxydation, la réparation de l’ADN… À côté de travaux pointus sur le rallongement des télomères, la reprogrammation de cellules cutanées ou encore l’élimination des cellules sénescentes via des traitements sénolytiques, des essais plus terre à terre cherchent à lutter contre l’inflammation, l’oxydation, la raréfaction des fibroblastes et de collagène.
À ce titre, la metformine, prescrite à visée antioxydante, n’a pas fait ses preuves, et n’est pas dénuée d’effets secondaires ! Les antioxydants per os – vitamines C et E, enzymes tels que la superoxyde dismutase, la catalase, la glutathion peroxydase, le coenzyme Q10 – ont montré in vitro qu’ils neutralisent les radicaux libres et diminuent la synthèse des MMP (métalloprotéases matricielles) qui dégradent le collagène mais sans certitude in vivo.
Même s’il n’a pas une action majeure, le traitement hormonal de la ménopause (THM) induit une augmentation de l’épaisseur du derme, une stimulation de la prolifération fibroblastique et de la synthèse de collagène et une réduction des MMP.
Deux études récentes et une méta-analyse montrent que la supplémentation per os en collagène améliore l’élasticité et l’hydratation de la peau avec réduction des rides. Dans trois études asiatiques, l’acide hyaluronique (AH) per os améliore les rides, en particulier celles de la patte d’oie, avec un effet cliniquement et objectivement prouvé. Une étude allemande confirme ces résultats, associés à une amélioration des cheveux et des ongles.
Oméga-3
L’équilibre du microbiote intestinal réduit l’inflammation et les probiotiques pourraient aider à rétablir le pH de la peau qui diminue après 70 ans, à réduire les radicaux libres, mais cette hypothèse n’a fait l’objet d’aucune étude. Les oméga-3, en revanche, ont montré qu’ils améliorent l’hydratation, la barrière cutanée, réduisent l’inflammation et l’oxydation.
Au final, « seuls l’exercice physique régulier, une alimentation équilibrée riche en oméga-3 et -6 mais frugale ont prouvé leur efficacité sur le vieillissement, résume le Dr Martine Darchy-Gilliard (Orléans), l’apport de magnésium, de vitamines C et E, le THM chez la femme en l’absence de contre-indication et éventuellement l’AH pouvant constituer un appoint ».
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature