Le musée de Grenoble est un décor assez inhabituel pour une réunion internationale. De manière « informelle », Olivier Véran y a reçu hier jeudi ses homologues européens dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’UE. Le lieu de la rencontre était un choix « de cœur » pour l'ancien député de l'Isère et praticien du CHU.
À cette occasion, le ministre de la Santé n’a pas hésité à qualifier l'Union de « championne mondiale » en tant que « premier acheteur, producteur, exportateur et donateur de vaccins », vantant son « green pass commun » ou encore les « échanges d’informations » entre ses pays tout au long de la crise du Covid.
« L’Europe peut être demain championne mondiale en matière de santé publique, a poursuivi Olivier Véran. Nous avons déjà les normes les plus élevées dans ce domaine. À nous de poursuivre l’effort. » Le but du jour était donc de poser les bases d’une future « Europe de la santé », un projet « qui aurait pu paraître iconoclaste » deux ans plus tôt. « Mais la crise sanitaire a montré que la santé pouvait être un enjeu de souveraineté européen : masques, médicaments, vaccins… Sans pour autant porter préjudice aux politiques nationales », a insisté le ministre français.
Une proposition de « déclaration d’intention »
La liste des problématiques communes aux 27 États membres est longue. La première est la construction d’une stratégie industrielle visant à améliorer l’approvisionnement et la constitution de stocks de « matières premières essentielles pour fabriquer des médicaments [qui] pour 95 % se trouvent en Asie », avec une perspective d’emploi et de réindustrialisation.
La France a également affiché ses priorités : lutte contre les maladies chroniques liées au vieillissement, solidarité entre États « dont les écarts en termes d’espérance de vie peuvent atteindre jusqu’à sept ans » ou création d’un label « Hôpital européen » qui mutualiserait les pratiques et harmoniserait la formation médicale.
La lutte contre l’antibiorésistance est également une préoccupation commune. Une conférence sur ce sujet sera organisée à Paris le 7 mars et avec les ministres européens de la Santé et de l’Agriculture. Quant au reste, le chemin semble long pour passer des intentions aux actes, malgré la « conviction » du ministre français « d’un consensus pour faire cohabiter le niveau national et européen » dans le domaine de la santé. Celui-ci devrait proposer à ses homologues de signer une « déclaration de Grenoble […] qui serait fondatrice pour l’Union de la santé en Europe ».
Présente à ses côtés, Stella Kyriakides, commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire, s’est elle aussi voulue à la fois « optimiste » et « réaliste » . « Je suis satisfaite », a-t-elle déclaré « de la qualité des discussions d’aujourd’hui et de tous ces ministres qui se sont prononcés ardemment en faveur d’une UE forte sur les questions de santé. »
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