Le timing ne pouvait être meilleur pour la candidate socialiste à l'élection présidentielle. Alors qu'une polémique éclatait hier sur le nombre de lits fermés à l'hôpital public, faute de personnel soignant, Anne Hidalgo consacrait son premier déplacement de campagne à la santé. Dans la Drôme, la maire de Paris s'est exprimée sur les thèmes des déserts médicaux et de l'hôpital public.
Un plan Marshall pour l’hôpital public ! En route pour Saint-Vallier dans la Drôme, à la rencontre des personnels de l’hôpital menacé de fermeture. @PJouvet @BernardJomier @PatrickPelloux @BorisVallaud @Johanna_Rolland pic.twitter.com/w6dTDncR4O
— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) October 27, 2021
Quatre jours après son grand discours d'investiture, à Lille, qui a marqué le véritable lancement de sa campagne, la candidate s'est engagée à interpeller le Premier ministre Jean Castex pour tenter de sauver le service de rééducation de l'hôpital de Saint-Vallier qui accueille des patients post-AVC, souffrant de maladies dégénératives ou grands accidentés de la route, mais qui va perdre 45 de ses 60 lits, avec le départ de trois des quatre médecins du service.
« Demain j'interpelle le Premier ministre, je vais me battre à vos côtés », a-t-elle promis au personnel inquiet, dont une partie doit recevoir de nouvelles affectations à la mi-novembre, promettant de « remuer ciel et terre ». « Je viens dire que les questions de santé sont prioritaires, a-t-elle assuré. Le manque de médecins, ce n'est pas nouveau mais il y a eu un manque d'anticipation. »
Défendant l'hôpital public comme « le navire amiral » de la santé, la candidate du PS, créditée de 4 à 7 % des voix actuellement, a promis un plan de recrutement massif de personnel et veut supprimer les agences régionales de santé, devenues, selon elles, des « agences comptables ».
« Elles auraient dû partir des besoins de la population, de la vie réelle des gens », a insisté Anne Hidalgo qui veut aussi revenir sur les tarifications à l'acte. « Je suis d'accord que chaque euro public doit être bien utilisé mais les actes médicaux ne peuvent pas répondre aux contraintes de ce qui est rentable et non rentable », a-t-elle déclaré.
Comme pour les enseignants récemment, la candidate socialiste promet des revalorisations pour les soignants. « Ce ne sont pas que des mots », a assuré celle qui prévoit « une grande négociation salariale sur les questions salariales, de carrière et de formation dans le secteur privé comme dans le public ».
Liberté d'installation
À Saint-Rambert d'Albon, commune drômoise de 6 000 habitants, Anne Hidalgo a également visité le centre de santé intercommunal, créé pour faire face au manque de professionnels de santé. Aux soignants qui y exercent, elle a confié qu'elle n'est « pas pour une obligation pure et simple » à l'installation, disant ne voulant « pas mettre cette question-là comme la pierre angulaire ».
La maire de Paris a prolongé ses propositions dans le domaine de la santé jeudi matin au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM. « Je propose de faire sauter complètement cette idée de numerus clausus parce que c’est ce qui nous a empêchés pendant très longtemps de recruter des médecins, a-t-elle déclaré. Il faudrait former au moins 15 000 médecins par an en France, on en forme moins de 10 000. Il faut ensuite travailler sur les conditions de travail et les salaires de tous ces soignants. »
Il faut revoir les conditions de travail et les salaires à l’hôpital. Les carrières de médecine ne sont plus attractives, car il est devenu trop dur de travailler à l’hôpital. Les augmentations du Ségur de la santé ne sont qu’une rustine sur un problème plus global. pic.twitter.com/tZuOIUCCQB
— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) October 28, 2021
Au sujet des ARS, elle a précisé sa pensée : « il faut les remplacer car il faut une vraie coordination sur les territoires et les ARS ne sont que des espèces d'agences comptables, créées pour contenir les dépenses de santé ».
Décidément, la santé tient une place importante dans ce début de campagne de la candidate socialiste. À Lille, abordant il y a quelques jours le dossier de la fin de vie, celle-ci n'avait-elle pas promis de mettre en place une loi pour « le droit de mourir dans la dignité » ?
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