Quelle ne fut pas la surprise des employés du siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en arrivant sur leur lieu de travail ce mardi 23 avril au matin ! Sur le trottoir de l'avenue Victoria, au cœur de la capitale, une petite cinquantaine d'infirmiers et d'aide-soignants gît à même le sol, contraignant le personnel du CHU francilien à les enjamber pour pénétrer dans le bâtiment. Vêtus de leur blouse de travail et grimés en cadavres, ils jouent une scène de crime : celle des urgences.
Les personnels des urgences lors d'une action devant @aphp . @leQdM #aphp #greve #urgences @agnesbuzyn @MartinHirsch pic.twitter.com/eY4jYoi9dl
— Toubon QDM (@SebastienToubon) 23 avril 2019
Cette mise en scène est l'œuvre du collectif inter-urgences, créé à la mi-mars par des paramédicaux du service d'accueil des urgences (SAU) de l'hôpital Saint-Antoine (11e arrondissement), au lancement d'une grève illimitée pour protester contre l'insécurité de leurs conditions de travail et le manque de moyens humains et financiers. Depuis, selon les mécontents, seize nouveaux SAU franciliens les ont rejoints. Une pétition lancée au commencement des mobilisations recueille aujourd'hui plus de 3 800 signatures.
Des négos « toujours au point mort »
Le mouvement s'est amplifié tout au long de la semaine dernière avec en point d'orgue une manifestation déjà devant le siège de l'AP-HP, vendredi après-midi. Les manifestants réclament la création de 700 postes et une revalorisation salariale de 300 euros net en reconnaissance de la dangerosité de leur travail. Une petite délégation composée de représentants des syndicats et du collectif était reçue ce matin par la direction des ressources humaines du CHU francilien. Au sortir de la réunion, la CGT a estimé par voie de presse que les négociations étaient « toujours au point mort ». Le syndicat réclame la présence de Martin Hirsch et d'Aurélien Rousseau, respectivement patron de l'AP-HP et de l'ARS Ile-de-France, ainsi que de nouvelles propositions écrites de la part du CHU, pour envisager continuer les négociations.
La direction de l'AP-HP a réagi en fin de journée, expliquant que des négociations seraient désormais « menées localement, hôpital par hôpital », pour répartir les 60 postes qu'elle a déjà promis et pour traiter la question des lits d'aval. Elle précise également le niveau de participation qui reste « équivalent aux taux de la semaine dernière » à 35 %.
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