À CE JOUR, le sort des urgences de l’Hôtel-Dieu ne serait pas scellé. La direction générale de l’AP-HP campe toujours sur son idée (transfert des lits et des urgences lourdes vers d’autres sites, dont Cochin), mais elle ne jouera pas le passage en force.
Plutôt que de rendre un avis tranché, le directoire de l’AP-HP a nommé le Pr Jean-Yves Fagon à la tête d’une mission. À charge pour l’ancien directeur de la politique médicale de l’AP-HP, réanimateur à l’hôpital Pompidou, de passer en revue les différents aspects du dossier (l’installation du siège de l’AP à l’Hôtel-Dieu, l’ouverture d’une école de chirurgie...), et leurs conséquences sur l’offre de soins parisienne.
Un consensus semble se dégager au sein de la CME de l’AP-HP, non opposée à la transformation du plus vieil hôpital de Paris en un centre de consultations à tarif opposable, à la condition que soit anticipé le transfert des lits et des urgences lourdes. La reprise en main du dossier par un des leurs rassure les médecins contactés, qui espèrent un arbitrage rapide de l’institution de façon à dégonfler la pression médiatique.
Comment vont se positionner les élus parisiens de gauche ? La pétition contre le « dépeçage » de l’Hôtel-Dieu est toujours en ligne sur le site de la mairie du 4e arrondissement parisien. Le maire PS, Christophe Girard, est plus timoré dans son dernier communiqué. Sans appeler ouvertement au maintien des urgences, il promet de « tout faire pour peser et obtenir une meilleure offre de soins à l’Hôtel-Dieu ». Un constat que partage Bertrand Delanoë, précise-t-il.
Vincent Roger (UMP), chef de file de l’opposition dans le 4e arrondissement parisien, persifle : « C’est de la malhonnêteté intellectuelle. La gauche s’apprête à prendre une décision qui, si Nicolas Sarkozy avait été réélu, aurait suscité des cris d’orfraie. Je refuse de donner dans la surenchère démagogique, et je continue d’affirmer que le projet de la direction va dans le bon sens. La médecine évolue selon les techniques, les attentes des patients et aussi les finances. Il vaut parfois mieux prendre trois stations de métro plutôt que d’aller dans un hôpital vieillissant avec un risque d’infections nosocomiales ».
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