Depuis 2017, il est soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels. Le Dr Frédéric Péchier, anesthésiste à Besançon, « a tenté de mettre fin à ses jours », ont annoncé le 5 octobre ses avocats, selon qui « son état est critique » et son « pronostic réservé ». « Il s'est jeté il y a quelques jours d'une fenêtre en hauteur de l'habitation de ses parents, dans la banlieue de Poitiers, où il est placé sous contrôle judiciaire » depuis 2019, a détaillé l'un des avocats de l’anesthésiste. Frédéric Péchier était mardi matin en service de réanimation de l'hôpital de Poitiers où son état était jugé « stationnaire ».
Il y a 4 ans, l’alerte avait été donnée par la clinique Saint-Vincent de Besançon, où l’anesthésiste exerçait, inquiète d’arrêts cardiaques inexpliqués lors d'interventions chirurgicales. Une enquête avait été ouverte contre le Dr Péchier pour empoisonnement avec préméditation.
L’anesthésiste a finalement été mis en examen pour 24 empoisonnements de patients, tous suivis par ses collègues, entre 2008 et fin 2016, dont neuf sont décédés. Frédéric Péchier est soupçonné d'avoir pollué les poches de perfusion de ces patients, âgés de 4 à 80 ans, pour provoquer des arrêts cardiaques puis démontrer ses talents de réanimateur et discréditer des collègues des cliniques de Besançon avec lesquels il était en conflit.
Interdiction d'exercice
Depuis 2019, dans l’attente de son procès, l’anesthésiste était placé sous contrôle judiciaire. « Il s’est vu interdire sa profession, écarté de la région où il vivait et séparé de sa famille et de ses trois enfants. Au fil du temps et des errements de la procédure, l’espoir l'a abandonné », affirment dans un court communiqué ses trois avocats. « C'est quelqu'un qui est désespéré… Il a été désigné comme étant le pire des salauds et il y a eu 30 mois de procédure sans qu'il ne se passe rien », clame la sœur du médecin. « Il préférerait aller au procès tout de suite pour qu'on l'écoute ».
À 49 ans, écarté de sa profession, le Dr Péchier avait demandé au plus fort de l’épidémie le droit d'exercer en tant que régulateur téléphonique, « pour prendre sa part à l’effort de guerre », selon son avocat. Cette demande avait été rejetée par la juge d’instruction.
En 2020 toujours, l’anesthésiste bisontin s’était par ailleurs vu réclamer 500 000 euros de sa caisse de prévoyance. En cause : depuis sa mise en examen, il était en arrêt maladie. Sa caisse de prévoyance a fini par lui demander le remboursement intégral de la somme, « estimant qu'elle a payé à tort depuis trois ans et qu'elle n'aurait pas dû verser cet argent » au motif qu'il a « une interdiction judiciaire de travailler », avait alors précisé l’avocat du médecin.
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