L'Institut national du cancer (INCA), qui vient de changer de présidence, incarne avec succès la « maison commune du cancer » et a su évoluer depuis sa création en 2004 pour relever les défis d'une pathologie qui touche un Français sur vingt et représente 10 % du budget de l'assurance-maladie, salue dans un rapport présenté à la commission des finances le sénateur Francis Delattre (Les Républicains). Est particulièrement reconnue sa vision globale de la pathologie, alliant recherche, soins et soutien au patient.
« Doté d'un budget proche de 100 millions d'euros principalement financé par des dotations publiques, l'Institut national du cancer a conduit des efforts de réduction de ses frais de fonctionnement (...). Si sa particularité induit certains chevauchements de compétences avec d'autres agences sanitaires, les apports de l'InCA contre cette maladie touchant environ trois millions de Français sont indéniables » lit-on en introduction.
Travailler avec les ARS pour réduire les inégalités
La mission émet une quinzaine de recommandations, dont les premières visent à une meilleure articulation avec les autres agences sanitaires (quitter les locaux de Boulogne Billancourt au profit des pôles géographiques de Seine-Saint-Denis ou Saint-Maurice, rapprocher les fonctions supports).
Pour améliorer la prise en compte des spécificités locales et réduire les inégalités territoriales (l'une des priorités du 3e plan Cancer), elle appelle à une plus grande implication des agences régionales de santé (ARS) dans la conception de certains appels à projet, au renforcement de leur rôle de pilotage (notamment des réseaux de cancérologie), et à un travail main dans la main sur les problématiques des risques collectifs et environnementaux - sur lesquelles l'Institut s'est penché tardivement.
Toujours pour lutter contre les inégalités face au cancer, Francis Delattre plaide pour un accès permanent de l'INCa aux données du nouveau système national des données de santé.
Renforcer le rôle des généralistes dans le dépistage
Le rapport se félicite de la récente intégration des généralistes (et non seulement des spécialistes) au sein des instances de l'INCa et du développement d'outils d'information sur les soins et la prise en charge à destination des professionnels du premier recours.
« Toutefois, le rôle des médecins généralistes en amont, en matière de prévention primaire et de dépistages, doit être renforcé. (...) L'augmentation du taux de couverture des dépistages doit conduire à une mobilisation plus forte des médecins traitants et les généralistes doivent être mieux incités à se saisir du dépistage comme acte de soin » lit-on.
Le rapporteur souligne en ce sens l'intérêt de l'intégration dans la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) (dans le cadre des actuelles négociations conventionnelles) de la valorisation de nouvelles actions de prévention (nouveau test de dépistage du cancer colorectal et conseil et prescription de traitements de substitution au tabac). En appui, la mission recommande à l'INCa de développer des outils adéquats d'information sur les techniques de dépistage et les populations particulièrement exposées.
Autre proposition à l'égard du premier recours, le Sénat suggère à l'INCa de nouer des liens avec les maisons de santé et autres plateformes assurant les soins de support. Enfin, pour mieux assurer l'articulation entre la ville et l'hôpital, le rapporteur suggère de développer les stages dans les services de cancérologie, pour les futurs médecins généralistes.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024