Ce devait être un plan destiné à faire le ménage dans la prise en charge de l’obésité « sur tous les plans, éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux », avait promis en mai dernier l’ex ministre chargé de la Santé Yannick Neuder. Sa publication était prévue pour septembre 2025. C’était sans compter sur l’instabilité gouvernementale. Le plan obésité a été une victime collatérale de la turbulente rentrée politique française.
Cette mise au point aurait été la bienvenue. En prévision du plan, depuis juin, les généralistes peuvent primoprescrire les agonistes de GLP-1 indiqués contre l’obésité, a indiqué l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Le Saxenda (liraglutide) est non remboursé. La Haute Autorité de santé (HAS) a donné son feu vert, en 2024, au remboursement du Wegovy (sémaglutide) et du double agoniste des récepteurs du GLP-1 et du GIP Mounjaro (tirzépatide). Mais les prix sont encore en négociation.
D’autant que le 9 décembre, la Commission de la transparence de la HAS a confirmé son avis favorable au Mounjaro en réhaussant l’amélioration du service rendu, de 5 (inexistante) à 4 (mineure), au même niveau que le Wegovy (sémaglutide). Sachant que le niveau d’ASMR conditionne le taux de remboursement. En contradiction avec l’ANSM, la commission recommande que le tirzépatide ne soit prescrit qu’après avis d’un spécialiste dans la prise en charge de l’obésité.
Tout n’est donc pas encore balisé. Le Groupe de concertation et de coordination des centres spécialisés de l’obésité (GCC-CSO) et le réseau Force (F-Crin) ont, de leur côté, publié en novembre, une position sur ces traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) pour accompagner patients et prescripteurs.
La HAS précise qu’il est préférable de privilégier la prescription du TMO dans les cas d’obésité sévère de niveau 2 et 3
Pr Judith Aron-Wisnewsky, présidente du GCC-CSO
Maladie ou facteur de risque ?
Au niveau international, la définition même de l’obésité fait débat : faut-il la considérer comme une pathologie à part entière ? L’Organisation mondiale de la santé répond que oui, mais une partie de la communauté médicale préfère le qualificatif de « facteur de risque ». Au début de l’année, un groupe de 56 experts a adopté une position publiée dans le Lancet (1), avec pour idée directrice, la distinction entre obésité pathologique dite « clinique » (associée des dysfonctionnements d’organes liés à l’adiposité) et obésité non pathologique, ou « non clinique ». Les chercheurs mettent en garde contre la surmédicalisation et le recours trop facile aux analogues du GLP-1.
Dans un communiqué, l’Académie de médecine se range aux côtés des experts du Lancet, estimant « nécessaire » d’opérer une distinction entre obésité préclinique et clinique, « tant en termes de prise charge clinique, que vis-à-vis des politiques de santé ». La HAS a donné un avis favorable au remboursement de Wegovy et Mounjaro pour les patients avec indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m². « La HAS précise cependant qu’il est préférable de privilégier la prescription du TMO dans les cas d’obésité sévère de niveau 2 et 3. Par ailleurs, le choix de la molécule doit suivre une prescription phénotypique en fonction des comorbidités présentes et du niveau de preuve disponible pour réduire le poids, mais surtout améliorer les comorbidités », a précisé au Quotidien la Pr Judith Aron-Wisnewsky, professeure de nutrition à Sorbonne Université et présidente du GCC-CSO.
(1) F. Rubino et al., Lancet Diabetes Endocrinol, 2025;13:221–62
Dr Vincent Pradeau (Avenir Spé) : « Les spécialistes libéraux sont mobilisés et remontés comme jamais ! »
Un Pots encore mal connu
Marfan et enceinte
PID de la sclérodermie systémique