Le choix de l’antidépresseur est compliqué chez le sujet âgé devant le risque d’interaction médicamenteuse et d’aggravation des comorbidités existantes.
Avant de prescrire, il faut donc rechercher les comorbidités cardiovasculaires, un trouble neurocognitif, une insuffisance rénale ou hépatique, un risque de chute, vérifier la présence de médicaments pouvant causer des symptômes dépressifs et rechercher une cause organique de la dépression (SAOS, hypothyroïdie…).
Ensuite, lors de la prescription, il est préconisé de « commencer les antidépresseurs progressivement par incréments de 25 à 50 % de la dose cible toutes les une à deux semaines et réévaluer la dose toutes les 4 à 12 semaines » , explique le Pr Samuel Bulteau (Nantes).
En première ligne, privilégier un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) (sertraline, escitalopram ou citalopram).
En cas d’échec du traitement de première ligne, il est possible de prescrire la vortioxétine. En cas d’épisode dépressif résistant, il est possible d’associer en seconde ligne un ISRS ou un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) et la mirtazapine. En revanche, ne jamais prescrire trois antidépresseurs en association ni deux IRS ou deux IRSN, ni un ISRS + un IRSN, ou encore un ISRS ou un IRSN avec un IMAO ou un antidépresseur tricyclique.
En cas d’échec après deux lignes de traitement, il est recommandé d’ajouter des sels de lithium (ou la quétiapine ou l’aripiprazole) en troisième ligne.
En cas de dépression résistante ou lorsqu’il est impossible de changer ou d’augmenter les psychotropes, référer le patient à un service de rTMS pour consultation (en l’absence de crises suicidaires ou de symptômes psychotiques) ou ECT de préférence.
En cas de doute sur l’observance et d’absence d’efficacité du traitement après plus de 6 semaines d’initiation, réaliser un dosage plasmatique du médicament.
D’après la session « Troubles de l’humeur de la personne âgée : un nouvel éclairage sur la résistance »
*Société francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée (SF3PA), Société française de pharmacie clinique (SFPC) et Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG)
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