Automne 1975. J’ai 25 ans, je suis étudiant en médecine à Nancy et je rentre de remplacement dans une vallée de Haute-Saône… Un remplacement en médecine particulièrement compliqué, tellement éloigné de mes chères études. Pas d’hôpital de proximité, pas de Samu, la vraie médecine de campagne avec accouchement, petite chirurgie et toute la panoplie des urgences médicales à domicile, AVC, infarctus, accident de la route…
L’immense fossé entre mes études et l’exercice médical m’interpelle et me désole. Je suis perplexe et un peu désespéré… Mais je trouve dans ma boîte aux lettres le premier numéro du Généraliste. Quel réconfort ! Je dévore avec passion les premiers numéros de ce journal et me reconnais immédiatement dans l’identité de la médecine que je veux exercer : « une médecine de la personne humaine dans toutes ses composantes culturelles et sociales ». Ma décision est définitive : « je serai médecin généraliste au service de l’Être Humain ».
Merci à notre journal, Le Généraliste, d’avoir su cerner le cœur de métier de la médecine générale et de l'avoir promu avant même la reconnaissance universitaire de la spécialité. En 1970, on devenait bien souvent généraliste après un échec à l’internat. Ainsi, les meilleurs devenaient spécialistes et les moins bons finissaient généralistes. Le Généraliste a sans doute été l’un des premiers acteurs de la juste reconnaissance de notre métier, en mettant en avant sa spécificité et son rôle indispensable dans notre société, participant à la construction d’une véritable vocation. Ce journal a rapidement mis en exergue les caractéristiques de notre profession : son rôle prioritaire dans les soins primaires, le suivi des maladies chroniques, la défense de nos intérêts, l'importance du développement professionnel continu, mais aussi… la convivialité avec les G d’Or ! Notre identité avait enfin un support digne de ce nom et une véritable reconnaissance dans les médias.
Arrivé à des responsabilités au sein de notre institution ordinale en tant que président de la section Formation et Compétences médicales, j’ai poursuivi l'élan insufflé par notre journal en militant vaillamment pour la reconnaissance de notre spécialité. Remercions Xavier Bertrand, François-Xavier Selleret et Sandrine Buscail, qui ont contribué à cette juste et indispensable reconnaissance de notre identité de « spécialiste en médecine générale », puis tous nos universitaires de médecine générale, regroupés au sein du CNGE. Nous ne pouvons pas tous les citer mais j’ai été particulièrement impressionné par les professeurs Voilquin et Druais.
Je continue à exercer avec passion au sein d’une maison de santé pluriprofessionnelle en périphérie d’Épinal, au plus proche de populations précaires. Souhaitons longue vie à notre journal. Puisse-t-il continuer à défendre au mieux notre identité, relayer les anecdotes de nos vies professionnelles, nous proposer des dossiers de formation continue et des études épidémiologiques indispensables à notre juste reconnaissance scientifique et universitaire.
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