Au début de l’épidémie de coronavirus, j’ai reçu, comme tous les médecins retraités inscrits à l’Ordre des médecins, un mail me demandant d’être solidaire des soignants actifs. Pour les volontaires, un lien vers la réserve sanitaire pour la Covid était proposé.
J’utilise ce lien et y renseigne mes coordonnées. Sans réponse après dix jours, je renvoie un message et dix autres jours plus tard, la réponse tombe : ce lien est celui de la réserve sanitaire et ne doit pas être utilisé dans le cadre de l’épidémie actuelle. Si je le souhaite plus tard, une inscription à la réserve pourra se faire. Pour me porter volontaire, il me faut contacter l’ARS locale. Je m’inscris et on me branche sur une application en ligne.
Je reçois une demande : un directeur d’hôpital d’une petite ville proche recrute en CDI un généraliste. Il utilise ce réseau Covid à la demande de l’ARS. L’homme, charmant, est désolé.
Lors du premier déconfinement, l’ARS cherche un médecin pour un centre de test sur une demi-journée, à 80 km de chez moi. OK. Une foule importante se presse aux portes du local pour être testée et tout se met en place. Le circuit prévoit le passage par différents postes dont le médecin, la Cpam et à la fin le prélèvement par le labo. Seul hic : la représentante de la Cpam contrôle les droits des assurés à une vitesse qui ralentit l’ensemble. On doit limiter les arrivants. À 17 heures : ouf ! La dame finit sa journée et on peut accélérer. 90 personnes seront vues.
J’envoie mon bordereau réglementaire d’honoraires et de déplacement en juillet. Le règlement tarde. Je demande en octobre pourquoi il y a un tel retard. La dame de la Caisse me répond que le paiement est national et me dit de ne pas m’inquiéter en me remerciant de ma compréhension.
Mi-novembre : rien en vue. La réserve sanitaire me contacte pour savoir si je serais toujours disponible pour un « dépannage ». Maintenant, ils s’occupent aussi de l’épidémie. Si oui, je dois leur envoyer mes coordonnées avec la copie de mon diplôme.
J’ai exercé et été inscrit à l’Ordre dans ce même département pendant 30 ans. Je crois que ma motivation va s’arrêter là.
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