Sevrage : mode d’emploi

Publié le 21/12/2015
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise l’allaitement exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois, puis associé à une alimentation diversifiée jusqu’à 2 ans au moins.
 
I. Exceptionnel : sevrage brutal

Le sevrage est très exceptionnellement brutal, sauf dans des situations imposant une interruption de l’allaitement en raison d’une pathologie aiguë grave chez la mère : hospitalisation, intervention chirurgicale, prise de certains médicaments incompatibles et sans alternative possible qui sont très rares.
Toutefois, dans la majorité de ces situations, une reprise de l’allaitement est possible. La mère, après avoir tiré et jeté son lait (selon les traitements administrés) pour maintenir la lactation, peut en effet, le plus souvent, redonner le sein dès la période aiguë passée.
 
II. Le plus souvent : reprise du travail

Le plus souvent, le sevrage est évoqué pour la reprise du travail de la mère. Le professionnel de santé qui l’accompagne doit l’informer des différentes possibilités alternatives qui s’offrent à elle :
• allaitement exclusif : le lait maternel est donné au sein par la mère quand elle est avec son enfant et par une tierce personne au biberon après avoir été tiré par la mère ;
• allaitement partiel : lait maternel au sein et biberons de lait artificiel donnés par une tierce personne ;
• sevrage complet.
Dans les deux premiers cas, il n’est pas préconisé d’habituer progressivement l’enfant au biberon. Quand la mère est avec son enfant, elle lui donne le sein et quand elle n’est pas avec lui, la tierce personne – la nounou par exemple – lui donne le biberon de lait maternel ou de lait artificiel et cela ne pose aucun problème. Ce n’est donc pas nécessaire que la maman habitue son enfant au biberon, il s’habituera avec la tierce personne.
 
III. Le Code du travail

Le Code du travail permet aux femmes qui allaitent de consacrer une heure par jour à cet allaitement jusqu’à l’âge d’un an (1). Cette heure peut être utilisée pour tirer le lait sur le lieu de travail, lait qui peut par exemple être tiré à midi, mis au réfrigérateur puis transporté par glacière pour être donné par la nourrice le lendemain. Le fait de tirer le lait soulage la maman et stimule la lactation, ce qui prolonge l’allaitement.
 
IV. Sur une dizaine de jours

Lorsque, après une information éclairée, la femme opte pour le sevrage, ce dernier doit se dérouler sur une dizaine de jours, en remplaçant une tétée au sein par un biberon de lait artificiel tous les 2 à 3 jours.


Pas en situation de désespoir

Le sevrage ne doit pas se faire en situation de « désespoir », chez une mère qui présente des problèmes d’allaitement, comme par exemple des crevasses très douloureuses, car, quelles que soient les difficultés d’un allaitement, des solutions pour les résoudre existent, évitant un sevrage injustifié que la maman pourrait regretter par la suite et qui priverait le bébé du meilleur aliment pour lui.
 



En pratique

Quel lait choisir ? Un lait infantile standard adapté à l'âge  convient dans la très grande majorité des cas.

Quelle quantité ? Selon l'âge et le rythme de chaque enfant, on débute par un biberon de 120 à 150 ml (+ 4 ou 5 mesures rases de lait infantile), plutôt en remplacement de la tétée de l'après-midi. Le sevrage se poursuit progressivement en remplaçant une par une les autres tétées par un biberon jusqu'à la dernière tétée du matin. En fin de sevrage, la quantité totale de lait par 24 heures est de l'ordre de 750ml, répartie en 4, 5, 6 voire 7 biberons selon  les préférences du nourrisson.

Que faire s'il refuse le biberon ?
- Rassurer la maman : le nourrisson finira toujours par accepter le biberon ;
- Mettre d'abord l'enfant au sein puis passer au biberon en milieu de tétée ;
- Donner des biberons de lait maternel au début du sevrage ;
- éventuellement changer de tétine ;
- Ou faire donner le biberon par une tierce personne

Que faire en cas de régurgitations ?
- Rassurer les parents sur le caractère physiologique des régurgitations ;
- Ne pas forcer le bébé à finir le biberon ;
- Faire des pauses, fractionner les repas. 
 

Dr Isabelle Hoppenot
D’après un entretien avec le Dr Catherine Salinier, past-présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), Gradignan.
 

 

Source : lequotidiendumedecin.fr