UEGW 2022

Œsophagite à éosinophiles, le budésonide orodispersible confirme son efficacité sur le long terme

Par
Publié le 27/10/2022
Article réservé aux abonnés

Selon les résultats à 3 ans de l'étude EOS-2 présentés lors du congrès européen de gastroentérologie (30 th United European Gastroenterology Week, 8 au 11 octobre 2022, Vienne, Autriche), le budésonide orodispersible maintient une rémission profonde chez les patients adultes, sans augmentation des effets secondaires.

Crédit photo : DR

L’œsophagite à éosinophiles (EoE) est un trouble inflammatoire chronique de l’œsophage à médiation immunitaire déclenché par une réaction alimentaire non médiée par les IgE. Depuis mai 2022, des comprimés orodispersibles de budésonide sont disponibles en France, et constituent le seul médicament à disposer d’une AMM dans cette indication (en seconde ligne après échec des IPP), offrant une galénique mieux adaptée aux patients que les sprays déglutis de budésonide ou la solution visqueuse de fluticasone utilisés actuellement.

Dans l’essai EOS-2, le budésonide orodispersible s’était montré largement supérieur au placebo pour maintenir les patients en rémission clinico-histologique pendant 48 semaines (efficacité de 75 % avec 1 mg 2X/j et de 73,5 % avec 0,5 mg 2X/j vs 4,4 % sous placebo). La phase d’extension en ouvert de 96 semaines de EOS-2, présentée lors du congrès européen de gastroentérologie, démontre que le budésonide orodispersible est capable de maintenir la rémission clinique, histologique et endoscopique chez les patients adultes atteints d’œsophagite à éosinophiles.

Plus de 3 patients sur 4 en rémission à 3 ans

« Sur une période de traitement allant jusqu’à 3 ans, le budésonide orodispersible s’est avéré efficace et sûr pour prévenir les troubles cliniques, endoscopiques ainsi que les rechutes histologiques de l’EoE et pourrait même maintenir une rémission profonde chez les patients adultes et sans augmentation des effets secondaires (candidoses) », résume le Dr Luc Biedermann (service de gastroentérologie et d’hépatologie, USZ Zürich, Suisse). Après 96 semaines, 78,8 % des patients étaient en effet en rémission histologique profonde, sans effet systémique du budésonide sur le long terme.

Pour les cas où les corticoïdes sont tenus en échec, les recherches se sont orientées vers le dupilumab, un anticorps monoclonal recombinant humain de type IgG4 qui inhibe la signalisation de l’IL4 et la voie de l’IL13 et, de ce fait, les principaux moteurs centraux de l’inflammation de type 2 dans l’EoE atopique/allergique. L’étude de phase 3 LIBERTY-EoE-TREET menée avec le dupilumab 300 mg/ semaine confirme une certaine efficacité à la semaine 24 par rapport au placebo, que les patients aient été ou non sous corticoïdes (en spray dégluti). 


Source : Le Généraliste