Anti-PCSK9 et athérome coronaire

Plus le LDL est bas, plus la plaque régresse

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Publié le 01/12/2016
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AntiPcsk9

AntiPcsk9
Crédit photo : Phanie

L’étude GLAGOV (Global Assessment of Plaque Regression with a PCSK9 Antibody as Measured by Intravascular Ultrasound) dont les résultats ont été présentés par Steven Nissen (Cleveland Clinic, Ohio, états Unis) indique tout à la fois qu’un anti-PCSK9 prescrit pendant 18 mois est efficace pour diminuer le HDL et bien toléré, et que ce traitement et/ou la valeur très basse de LDL atteinte permet de réduire le volume de l’athérome coronaire.

L’étude GLAGOV est un essai thérapeutique contrôlé, en double aveugle contre placebo conduit chez 978 patients ayant une maladie coronaire avec des plaques coronaires quantifiables par échographie endocoronaire et un LDL stable sous statine depuis au moins 4 semaines.

Son objectif était d’évaluer si un traitement par de l’évolocumab par rapport au placebo réduit le volume des plaques d’athérome coronaire évalué par échographie endocoronaire. L’évolocumab est anticorps monoclonal injectable en sous-cutané inhibant la proprotéine convertase subtilisine/kexine de type 9 (PCSK9), enzyme codée par le gène du même nom, situé sur le chromosome 1 humain, qui participe au métabolisme du cholestérol. Cette inhibition permet une diminution du taux de LDL cholestérol plasmatique. Les patients inclus dans l’étude ont été randomisés pour recevoir soit de l’évolocumab en une injection mensuelle sous-cutanée à 420 mg, soit l’équivalent placebo.

Le critère primaire évalué était la modification du pourcentage de volume d’athérome coronaire à 18 mois en échographie endocoronaire, cet examen étant effectué à l’inclusion et à 18 mois de suivi moyen chez tous les patients.

Des résultats encourageants…

Les patients inclus étaient âgés en moyenne de 60 ans, 72 % étaient des hommes, 21 % étaient diabétiques et 98,5 % recevaient une statine.

À l’inclusion, le LDL était en moyenne à 0,92 g/l. Sous évolocumab, il a diminué en moyenne à 0,36 g/l (soit une baisse de 60 %) alors qu’il a augmenté à 0,93 g/l sous placebo (soit une augmentation de 3,9 %).

Le résultat sur le critère principal évalué indique que sous évolocumab, le pourcentage de volume d’athérome a diminué de 0,95 % alors qu’il a progressé de 0,05 % sous placebo (p < 0,0001 pour la différence).

Une analyse complémentaire a par ailleurs montré qu’il y a une corrélation entre l’évolution du pourcentage de volume d’athérome et le taux absolu de LDL : plus le LDL est bas, plus il est possible de réduire le pourcentage de volume de la plaque d’athérome.

Une analyse en sous-groupe chez les patients dont le LDL était inférieur à 0,70 g/l à l’inclusion a montré que sous placebo le LDL est resté en moyenne à 0,70 g/l durant l’étude alors que sous évolucumab, il a été en moyenne à 0,24 g/l durant l’étude. Dans ce sous-groupe, le pourcentage de volume de la plaque a diminué de 0,35 % sous placebo et de 1,97 % sous évolocumab (p < 0,0001 pour la différence).

...pour mars 2017

Les résultats de l’étude GLAGOV concernent des critères intermédiaires mais sont de bon augure concernant ceux attendus de l’étude FOURIER : cet essai thérapeutique contrôlé conduit en double aveugle contre placebo a enrôlé 27 564 patients en prévention cardiovasculaire secondaire afin d’évaluer si l’évolocumab permet de diminuer le risque d’événements cardiovasculaires majeurs. Le profil lipidique des patients inclus dans l’étude FOURIER est très proche de celui des patients de l’étude GLAGOV. Quant au résultat de l’étude FOURIER, ils devraient être présentés et publiés en mars 2017.

Nicholls SJ et al. JAMA. doi:10.1001/jama.2016.16951


Source : Le Quotidien du médecin: 9539